Dans un communiqué de presse daté du 29 novembre 2013, António Guterres, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, affirme : « Si nous n'agissons pas rapidement, une génération d'innocents sera sacrifiée à cause de cette guerre épouvantable ». Si les enfants syriens sont menacés sur plusieurs plans et sont les premières victimes de ce conflit, ils risquent aussi de payer le prix le plus fort sur le plan de l’éducation. En effet un grand nombre d’entre eux, réfugiés hors de Syrie, ne sont plus scolarisés et cette question se situe au faîte des préoccupations de leurs proches.
La mission du secteur éducation (programme jeunesse) de l’association arcenciel est d’assurer l’accès de tous à une bonne éducation. C’est pourquoi il était dans l’ordre des choses qu’elle se préoccupe du destin des enfants syriens présents sur le sol libanais et qu’elle tente de remédier à leur déscolarisation. Pour ce faire, l’association a agi sur plusieurs niveaux et en direction de plusieurs classes d’âges.
En ce qui concerne les tous petits, elle leur a fait profiter des structures existantes comme celles de ses garderies inclusives qui intègrent des enfants à besoins spéciaux. Elle y accueille des enfants syriens qui vivent dans des conditions difficiles pour leur permettre de profiter, quelques heures par jour, d’un cadre de vie protégé et d’un encadrement éducatif sain.
Sur un autre plan, arcenciel et son ONG sœur himaya ont mis en place en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis un panel d’activités dans le cadre du projet Rainbow of Hope (octobre 2013 à juillet 2014). Une des principales est l’accès d’enfants (libanais comme syriens) de 6 à 11 ans à des cours d’anglais (560 enfants, dont 224 Syriens) se déroulant dans les locaux d’organisations partenaires dans plus de 17 localités libanaises. Pour les enfants venus de Syrie, plus qu’une remise à niveau, ces cours constituent un nouvel apprentissage dans la mesure où l’ensemble de leur enseignement en Syrie se donnait en arabe y compris pour les matières scientifiques. Grâce à ces cours, ils pourront acquérir les notions de base, indispensables à l’intégration au système scolaire libanais et suivre plus facilement les matières dispensées en langues étrangères. De plus, des kits, comprenant des manuels et du matériel, leur sont remis et qui peuvent profiter à leur fratrie. Toujours dans le cadre du projet Rainbow of Hope, himaya a mis en place des séances de résolution de conflit et des activités sportives et artistiques. Chaque semaine, des enfants libanais comme syriens sont transportés de leurs lieux de résidence vers le Nord, la Békaa, le Mont Liban et le Sud pour profiter de ces diverses animations.
Dans le cadre d’un projet financé par l’UNICEF (du 15 novembre 2013 au 15 novembre 2014), des activités préventives sont mises en place parmi d’autres activités, dans l’ensemble des régions libanaises. Ainsi afin de prévenir les mariages précoces, une formation est dispensée à 400 adolescentes syriennes pour renforcer leurs compétences afin qu’elles soient en mesure d’assurer leur propre autonomie financière et de subvenir aux besoins de leur famille. Une autre formation ambulante de 72 h, s’adressant aux parents comme aux enfants (4000 bénéficiaires), a pour objectif de sensibiliser les groupes cible à la prévention des problèmes sexuels, la lutte contre la violence basée sur le genre (Gender Based Violence) et la familiarisation aux comportements d’auto protection.
De plus, himaya travaille étroitement en collaboration avec l’Université Catholique de Milan, dans le but de développer des outils qui permettront aux enfants réfugiés syriens de dépasser leurs traumatismes et de développer des compétences de résilience. Des questionnaires ont été soumis par les psychologues de himaya à 158 enfants syriens (objectif à atteindre : 400 enfants). De même, des activités récréatives et psychosociales sont assurées à ces mêmes enfants pour les aider dans ce sens.
En ce qui concerne les formations qui mènent à l’emploi, le Danish Refugee Council assure dans le centre de Halba à près de 60 réfugiés syriens des cours en infirmerie, maquillage et cuisine.
Parallèlement à ces actions et pour garantir l’accès à l’éducation au plus grand nombre possible d’enfants réfugiés, arcenciel a participé, grâce à un financement de USAID via OTI, à plusieurs actions d’envergure : aménagement de plusieurs écoles publiques de la Békaa dans le but d’accroître leurs capacités d’accueil ; ouverture des locaux du centre arcenciel de Tanaïl durant un mois pour permettre à une centaine d’élèves syriens de préparer les épreuves officielles du baccalauréat syrien dans des conditions optimales, organisation du déroulement de ces épreuves du 15 à 29 août 2013 dans l’école officielle « Notre Dame de la Consolata » de Tanaïl. Ces actions sont de la plus haute importance, car si de nombreux enfants syriens sont aujourd’hui scolarisés, ils le sont souvent dans des écoles informelles qui n’ont aucune reconnaissance officielle et qui, par conséquent, ne peuvent leur délivrer de diplômes et valider l’enseignement qu’ils reçoivent. Ils risquent en conséquence, si la situation perdure, de faire des études qui mèneront à une impasse. C’est dans ce but qu’arcenciel a œuvré pour obtenir l’accréditation du Ministère de l’Éducation et des Études supérieures de Syrie qui permettra aux élèves de décrocher le diplôme officiel, sésame pour l’entrée à l’université et la poursuite d’une formation, car comme dit un professeur réfugié : « sans éducation point de salut ».
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