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Activités des programmes mobilité et santé en faveur des réfugiés syriens

arcenciel a débuté ses activités en 1984 en pleine guerre civile libanaise. Ses premières activités ont été centrées sur les personnes handicapées dans le but de leur permettre d’acquérir autonomie et indépendance économique. Grâce à ses ateliers de fabrication d’aides techniques, ses adaptations de lieux de vie et de véhicules et ses formations qui mènent à l’emploi, l’association a rapidement acquis un large savoir-faire dans le domaine. Elle a également développé un programme santé très actif. Pour ces raisons, il était dans l’ordre des choses qu’avec le conflit en Syrie elle soit appelée à devenir un des partenaires incontournables de tous ceux qui sont confrontés à la situation des personnes malades ou handicapées, pré ou post guerre.

Depuis le début de la crise et dans le cadre de plusieurs partenariats, arcenciel a assuré un grand nombre de services en mobilité et en santé. 

Entre 2012 et 2013, à travers le projet financé par Unicef et suite à un grand nombre d’évaluations et de visites à domicile, arcenciel a fourni à 10 0000 enfants syriens des vêtements (en kit ou coupons), des aides techniques (fauteuils roulants, béquilles, walkers ou déambulateurs…) et leur a assuré des séances de physiothérapie et d’orthophonie. Dans le cadre d’un autre projet financé par Unicef (15 novembre 2013-15 novembre 2014) arcenciel, en partenariat avec himaya, a distribué à ce jour 150 aides techniques, a assuré 800 séances paramédicales (physiothérapie, orthophonie, psychomotricité) et 278 séances de suivi psychologique ainsi que d’autres activités psychosociales. Un grand nombre de psychologues reçoivent et assurent le suivi dans plusieurs centres d’arcenciel (Halba, Tanaïl, Jisr el Bacha, Jisr el Wati) des enfants syriens confrontés à la guerre et l’exil et qui souffrent de PTSD (Post Traumatic Stress Disorder), traumatisme qui se traduit par de l’agressivité, de l’énurésie[1] et un grand nombre de troubles comportementaux.

Actuellement, grâce à un projet financé par OCHA (Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires),  agence des Nations Unies et en partenariat avec la Fundación Promoción Social de la Cultura (FPSC) du 15 octobre 2013 au 15 avril 2014, arcenciel assure des appareillages (prothèse, orthèse), des consultations médicales, des soins dentaires, des séances de physiothérapie et d’orthophonie, des aides techniques de mobilité, des médicaments pour les maladies chroniques des personnes âgées.

Grâce au financement de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale au Développement (AECID) et dans le cadre du système de franchise conçu par arcenciel en 2006 visant à exporter son savoir et son savoir-faire vers d’autres pays de la région, arcenciel a développé en 2010, un partenariat avec une association syrienne (Yadan Biyad) dont elle a soutenu les actions dans le domaine du handicap. En raison de la situation sécuritaire du pays et de l’inaccessibilité de son centre initial situé à l’extérieur d’Alep, cette association a déplacé ses activités à l’intérieur de la ville vers la cité universitaire. Depuis, elle gère plus de 35 000 déplacés à qui elle offre –entre autres- une aide en mobilité. Pour soutenir la continuité de son atelier de réparation d’aides techniques, arcenciel continue à lui transmettre ses compétences et à former ses techniciens. Dans le cadre d’un projet financé par l’AECID – dont une partie est consacrée à l’aide humanitaire destinée aux réfugiés syriens au Liban en situation de handicap – et en partenariat avec l’ONG espagnole FPSC, arcenciel a pu servir 275 personnes handicapées dans 3 régions libanaises (Nord, Békaa, et Mont-Liban).  Ainsi, arcenciel a distribué des aides techniques et a fourni un meilleur accès à des services tels que des consultations médicales, séances de physiothérapie, d’orthophonie et de psychomotricité à ses bénéficiaires.
En dépit de toutes les actions menées, un grand nombre de besoins sont encore loin d’être couverts ou ne le sont pas du tout.

Si les besoins en aides techniques des personnes handicapées motrices identifiées sont couverts par Handicap International, arcenciel ou d’autres organisations, la grande difficulté réside dans la prise en charge des enfants et des jeunes handicapés mentaux qui ne peuvent s’intégrer à une école classique ni à un des instituts spécialisés locaux. Ces derniers sont déjà en sous nombre et incapables de résorber l’ensemble des cas libanais. Ils sont d’autre part payants et si le Ministère des Affaires Sociales du Liban couvre le coût pour ses citoyens, les parents réfugiés ne peuvent supporter les frais de scolarisation de ces structures. De plus, l’UNHCR privilégie l’intégration de ces enfants au système scolaire classique, et non la création d’institutions qui leur sont consacrées. Il est donc à craindre qu’en l’absence de solution rapide, ces enfants ne soient condamnés à rester en rade pour une période indéterminée.

Sur le plan de la santé, les besoins restent énormes. De nombreux Libanais ne bénéficiant pas d’assurance maladie, le système de santé local est donc incapable de couvrir les besoins des Syriens. Les consultations médicales, si elles sont assurées, posent un problème de transport, les réfugiés n’ayant pas les moyens de se déplacer. Les besoins en imagerie (échographie, radio), et en soins dentaires sont considérables. Quant aux femmes enceintes, leur accouchement est pris en charge par le Ministère de la Santé libanais, mais le suivi de leur grossesse est inexistant. Les besoins en médication sont bien loin d’être couverts et ce, d’autant plus que les réfugiés ont du mal à accepter les médicaments génériques distribués dans les dispensaires. Les vaccinations des enfants sont couvertes par le Ministère de la Santé dans des dispensaires pour des cas comme la tuberculose, la peste, mais les vaccins ordinaires ne sont pas pris en charge.



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[1] L’énurésie est une affection caractérisée par la survenue pendant le sommeil de mictions involontaires et inconscientes chez l’enfant de plus de cinq ans ou l’adulte. Elle est due à un sommeil trop profond, à un manque de maturité du réflexe de miction ou à un trouble psycho-affectif.