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Les activités du programme environnement en faveur des réfugies syriens

La mission du programme environnement d’arcenciel est de préserver et développer les ressources naturelles. Créé en 2003, ses activités s’articulent principalement autour de 3 axes, à savoir la gestion des déchets, l’éducation au développement durable et enfin la formation et le conseil. 

L’association œuvre notamment à la mise en place de systèmes de gestion durable des déchets ménagers basés sur le tri à la source et le recyclage. Elle participe ainsi à réduire la pollution liée aux déchets au Liban. Les bénéfices de la vente du plastique, du papier et du métal à des industries du recyclage contribuent à financer des actions sociales. Le but solidaire conféré au tri permet de motiver la société au tri à la source. Actuellement, chaque mois, 30 tonnes de déchets sont recyclés, et 30 actions sociales assurées à des personnes en difficulté. Parmi les organisations bénéficiaires, la prison de Roumieh (Mont-Liban) trie ses déchets, ce qui a permis de financer jusque-là différentes actions (réparation de la machine à laver, équipements de nettoyage…).

Le Liban fait face à une crise relative à la gestion de ses déchets domestiques. Déposés dans les décharges, brûlés ou éliminés dans la nature, ces déchets constituent une source de pollution majeure. Ils présentent pourtant un potentiel social, économique et environnemental important, à condition d’être bien gérés. En effet, 30% de ces déchets peuvent être recyclés. La crise actuelle ne peut être résolue que par un système de gestion durable, basé sur la réduction, le tri à la source, le recyclage et le compostage. Un tel système requiert une adhésion et une contribution des citoyens libanais, ce qui nécessite une sensibilisation à grande échelle. 

La présence d’un nombre si massif de réfugiés syriens vient aggraver cette crise déjà aigue avant leur arrivée, nécessitant un effort supplémentaire de la part des parties prenantes pour y remédier. En effet, l’afflux massif des réfugiés soulève des problématiques importantes en matière environnementale. L’augmentation des déchets générée par au moins un million de personnes supplémentaires en l’espace de trois ans ont des conséquences importantes en termes de gestion des ressources. Région rurale et donc faiblement urbanisée, la plaine de la Békaa est également celle accueillant le plus de réfugiés. L’installation anarchique des réfugiés dans une région en déficit d’infrastructures pose des enjeux environnementaux grandissants, à mesure que le nombre de réfugiés continue d’augmenter. Ils sont officiellement plus de 355 000 à ce jour dans cette seule région.

Fort de son expérience, le programme environnement intervient directement auprès des réfugiés syriens mais également à partir des centres arcenciel à travers plusieurs projets. 

La mise en place d’activités environnementales à destination des réfugiés syriens a plusieurs objectifs : un objectif environnemental, un objectif économique et un objectif social. 

Dans le cadre d’un projet financé par Action contre la Faim (d’avril à juin 2013), arcenciel est intervenu dans les campements de réfugiés syriens de Dalhamieh et Taalabaya, dans la plaine de la Bekaa. L’objectif de ce projet était de mettre en place un système durable de traitement des déchets solides dans ces deux camps. Le programme environnement a acquis une expérience dans ce domaine, puisqu’il a déjà mis en place un tel système dans les camps de réfugiés palestiniens à Rachidiyeh (Tyr) et Ein el Helwé (Saïda) respectivement en 2011 et 2012, en collaboration avec l’UNRWA (Office de Secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient).

Pour ce faire, 9 visites ont été effectuées sur le terrain par un ingénieur agronome et un spécialiste de la gestion des déchets d’arcenciel pour évaluer les besoins. Suite à ces évaluations, 63 bennes ont été distribuées aux réfugiés et des sessions de sensibilisation au tri ont été données à 495 d’entre eux. Répondant à l’objectif environnemental, ces activités de sensibilisation permettent aux habitants de mesurer l’incidence sur leur vécu et les dommages que peuvent causer les déchets solides non traités ; ils s’accumulent, créent des gaz toxiques et génèrent des maladies. L’achat de médicaments ou de produits pour lutter contre la prolifération des moustiques, constitue une charge supplémentaire pour une population déjà très fragilisée. Sur le plan économique, le programme de traitements des déchets en interne et la mise en place d’une station de triage dans le camp, à travers la distribution de bennes, créent des opportunités de travail à des personnes qui n’ont pas d’emploi soit en raison du chômage endémique, soit parce qu’ils souffrent d’un handicap ou d’autres difficultés. Leur participation active au programme leur permettra d’avoir un salaire et ainsi de soutenir leur famille. 

Sur le plan social, l’association a également collecté les déchets recyclables pour être revendus aux industries de recyclage. Hormis le service rendu à la société par l’effort de recyclage, les bénéfices obtenus financent des actions sociales spécifiquement liés aux réfugiés des camps de la région.

Ce premier projet dans la Bekaa a été suivi d’un second, financé par USAID via Office of Transition Initiatives (de novembre 2013 à février 2014). Celui-ci visait à développer sur le long terme les activités de gestion de tri des déchets recyclables à partir des locaux d’arcenciel dans la région. 
182 sessions de sensibilisation ont été dispensées par nos volontaires dans la région au sein d’écoles, d’universités, de camps de réfugiés ou encore dans les locaux d’associations. Ces sessions ont été délivrées à près de 5000 personnes en l’espace de 4 mois, dont plus de 2000 réfugiés syriens. 

Des bennes de tri ont été distribuées dans les différentes organisations. Les déchets triés d’une trentaine d’organisations, y compris des campements de réfugiés syriens, sont collectés par arcenciel et vendus à des usines de recyclage, permettant de financer des services sociaux en faveur des communautés d’accueil et des réfugiés syriens.

Un centre de tri et de préparation au recyclage des déchets est en train d’être mis en place au sein du domaine de Taanayel, permettant une valorisation des déchets de la Békaa.

Si les activités mises en place gagent des efforts importants fournis par l’association pour améliorer le cadre de vie des communautés libanaises et syriennes, le manque de moyens freine les possibilités de développement d’un programme particulièrement dynamique et efficace. Des apports supplémentaires pourraient en effet permettre de prolonger et répliquer des projets pilotes dans d’autres régions du Liban auprès de populations cibles semblables.